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Notre impact alimentaire

Dernière mise à jour : 25 avr. 2023

Comprendre les modalités de l'impact de notre alimentation peut nous aider à faire de nouveaux, meilleurs choix aussi pertinents que gourmands.


L'une des conséquences les plus absurdes de notre modèle actuel de société est sa propension à nous déconnecter du monde dans lequel nous vivons. Au nom de la jouissance, nous en oublions de considérer l'état et la préservation des ressources nécessaires notre bien-être . Or, si nous ne prenons pas soins de nos ressources, nous ne pourrons plus jouir de rien. Derrière chaque geste du quotidien, que ce soit mettre un sachet de salade dans son caddy où décider de reposer une barquette cellophane de viande industrielle dans son rayon, se cache un impact réel et concret sur notre monde. Celui-ci peut se lire à l'aune de 5 critères, que nous vous présentons ci-dessous, afin de vous aider à mieux comprendre vos choix.

" Choix et conscience sont une seule et même chose " Jean-Paul Sartre, écrivain & philosophe français du XXème siècle

1) La mobilisation des ressources d'eau douce


97% de l’eau sur terre est salée. L’eau douce représente 3% (dont 2,3% dans les glaciers). Plusieurs problèmes se posent :

  • La quantité d’eau douce reste la même (source) mais la population mondiale et les besoins (industrie, agriculture, bâtiment …) augmentent (source)

  • Ceci se couple à une modification de la répartition de l’eau du fait du dérèglement climatique, compliquant sa mobilisation pour la production alimentaire (exemple 2022 : sécheresse historique en France vs. mousson cataclysmique au Pakistan) source

  • Certains aliments nécessitent beaucoup plus d’eau que d’autres pour être produits (voir graphique ci-dessous). Or, ce sont souvent les aliments que nous consommons en majorité. Par exemple, le deuxième aliment le plus vendu en France en supermarché est le fromage industriel “Caprice des dieux” (cheese) (source). Les français sont les plus gros consommateurs européens de crevettes (prawns) dont 80% sont importées de l’étranger (source).


2) L'effondrement de la biodiversité


Notre système fait disparaître la nature à un rythme alarmant et nous met en danger (source) :

  • L'augmentation de la population et la transformation des habitudes alimentaires se sont faites au détriment de la richesse de notre patrimoine naturelle.

  • Exemple européen : passage de 428 millions à 540 millions de bouches à nourrir entre 1961 et 2013. Sur cette période, l’augmentation de la production s'accompagne d’un doublement de la consommation de protéines animales par personne (source)

  • Impact : besoin de plus de cultures et de bétail pour nourrir plus d’humains plus voraces, plus de cultures pour nourrir le bétail, plus de terres mobilisées pour élever le bétail et cultiver sa nourriture. Cela mène à une hyperspécialisation des espaces et à des monocultures se concentrant sur les espèces les plus productives (source).

  • Conséquences : disparition des écosystèmes (source) et de variétés. Selon la FAO et rien que pour les légumes, plus du ¾ des variétés ont disparu au siècle dernier.

3) Les émissions de gaz à effet de serre


Nos habitudes alimentaires dégagent une quantité considérable de GES :

  • Les études attribuent au minimum 14,5% des émissions de GES rien qu’à l’élevage industriel et jusqu’à maximum 30%.

  • L’ensemble du cycle de vie d’un aliment émet des GES mais certaines étapes en dégagent beaucoup plus que d'autre (voir graphique 1 ci-dessous) : mise en friche, culture, fonctionnement de la ferme, transformation, transport, création du packaging …

  • Aujourd’hui, nos émissions de GES proviennent principalement de notre consommation de protéines animales (voir graphique 2 ci-dessous). Par exemple, la France est le plus gros consommateur de burger au monde après les USA (2,6 milliards de burgers en 2020 . Aussi, nous mangeons autant de pizzas que les américains depuis 2019.

  • L’origine industrielle des produits a un énorme impact : la production de 5 steaks hachés industriels émet 105kg de CO2 quand 5 steaks hachés de pâturage n’en émettent “que” 9kg (source).

  • Or, plus du ¾ des produits en supermarché en France sont d’origine industrielle (source) et 92% des français font leurs courses en grande surface (source).



4) La pollution des eaux et des sols


A travers sa base “données de l’alimentation et de l’agriculture” la FAO estime que 146kg de pesticides sont épandus par seconde dans le monde.

  • En France en 2021, l’agriculture bio ne représente que 10,3% des terres agricoles (source): près de 9 terrains agricoles sur 10 répandent des pesticides alors que le pays est le 3ème plus grand possédant d’exploitations bio en Europe.

  • Les pesticides se répartissent en plusieurs catégories : les herbicides qui détruisent les plantes, les insecticides qui tuent les insectes et les fongicides qui détruisent les champignons.

  • La vie des sols est détruite (source), ce qui a des conséquences sur leur qualité, donc leur fertilité, donc notre plaisir. Le cabinet de mesure d’impact des pratiques agricoles sur les sols Greenback et Axa Climate projettent une baisse des rendements de -10% d’ici 2030 et jusqu’à -40% en 2050 rien que pour le blé en France si nous ne changeons pas nos pratiques (source).

  • De plus, ces produits ruissellent jusque dans les océans, entraînant la destruction des milieux marins (source).

  • Or, les océans sont des puits à carbone et stockent les GES que nous émettons. En mauvaise santé, ils ne peuvent remplir ce rôle. Ils ne peuvent également plus fournir des produits de qualité pour nous régaler : d’après WWF, la biodiversité marine a diminué de moitié entre 1970 et 2019.

  • Par ailleurs, les aliments que nous consommons (voir graphique ci-dessous) en très grandes quantités participent à l’eutrophisation des sols et des eaux (pollution par l’excès de nutriments des engrais répandus dans la nature)


5) L'utilisation des terres (déforestation)


Notre alimentation contribue aujourd’hui massivement à la destruction d’espaces forestiers (source).

  • Le travail de l’association All4trees et sa fresque de la déforestation permettent de mieux visualiser les dynamiques et la répartition de cet impact en France (voir schéma ci-dessous)

  • Notre alimentation participe à la déforestation à travers notre consommation de produits industriels 1) contenant de l’huile de palme (le Nutella est l’aliment le plus vendu en supermarché en France source) 2) les produits volaillers principalement nourris au soja (viande et oeufs) source 3) les produits bovins (viande et produits laitiers) 4) les produits porcins 5) le café 6) le cacao

  • Les arbres ont 3 rôles essentiels à jouer : ils absorbent les GES, ils nous rafraîchissent (source 1 source 2), ils entretiennent la qualité des sols, donc la qualité de la production agricole et in fine notre propre plaisir culinaire (source)


Chaque course faite, chaque repas préparé, chaque aliment consommé, chaque plaisir dégusté a un impact sur notre monde à travers ces critères. Chaque jour, nous pouvons donc choisir de mieux consommer, en pleine conscience, sans pour autant renoncer à notre plaisir.



























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