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Idées reçues & contre-vérités alimentaires

Dernière mise à jour : 25 avr. 2023

Il est temps de vérifier certaines croyances limitantes


Les effets délétères de notre système alimentaire sont entretenus par une consommation désorientée, elle-même conséquence d'une absence d'éducation adéquat (une proposition de loi et le travail de L'école comestible apportent une solution à ce problème). Nos connaissances se résument donc souvent à des idées reçues, amalgame de pratiques familiales, d'habitudes personnelles et d'a priori grand public. Nous revenons ici sur les idée les plus répandues pour vous aider à mieux revoir vos pratiques.

" Trois bougies repoussent les ténèbres : la vérité, la connaissance et les lois de la Nature " proverbe celtique

La viande est l'aliment le plus polluant

VRAI & FAUX. La viande de boeuf, notamment industrielle, est l’aliment le plus polluant. Il est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, le 10ème plus gros consommateur d’eau fraîche et le 2ème plus gros polluant des sols. Le deuxième aliment le plus polluant est la viande de mouton / d’agneau. Cependant, le porc et le poulet ne viennent qu’en 6ème et 7ème positions, après le lait, les crevettes d’élevage et le fromage. Les protéines animales sont bien les produits les plus impactants, mais vérifiez celles que vous consommez le plus pour savoir quoi diminuer en priorité. A noter aussi la différence entre les exploitations industrielles et les circuits vertueux : un steak industriel de 100g (MacDo, Charal, Burger King, Socepa ...) émettra 105kg de CO2 contre 9kg pour un steak de viande fermière (ce qui reste au dessus des émissions des produits végétaux, mais peut faire l'objet d'un plaisir exceptionnel).


Le bio coûte toujours plus cher

FAUX. Notre perception du bio a été faussée par les grandes chaînes Naturalia, Bio c Bon et La Vie Claire, appartenant aux Casino, Monoprix, Auchan ... et épinglées par une enquête de UFC - Que Choisir pour facturer jusqu’à +146% leurs produits par rapport au cours du marché. Le bio proposé par leurs magasins mères peut quant à lui être vendu jusqu’à + 46%. Leur bio est donc plus cher. Mais intéressez-vous au bio / sans pesticides pratiqué par les alternatives au supermarché, en comparant les prix au kilo. A titre d'exemple, nous achetons en néo-épicerie une huile d’olive certifiée bio espagnole issue d’une coopérative : elle vaut 10,24€/L quand la Puget vendue dans le Carrefour City d’en face coûte 13,24€ /L. Pour que le bio / sans pesticides ne coûte pas plus cher, il faut choisir où l'acheter.


Le bio est toujours meilleur


FAUX. Un réflexe très courant est de confondre bio et bon. Pourtant, deux choses à savoir. 1) tous les bios ne se valent pas : malgré un cadre européen, le bio reste propre à chaque pays et la France possède le cahier des charges le plus strict de l'UE. Le bio français sera donc de meilleure qualité que le bio espagnol, largement vendu dans nos supermarchés. 2) le label bio est payant : or, la situation précaire de nos paysan.ne.s ne leur permet pas toujours de se le financer. De plus en plus d’exploitations vertueuses travaillent sans pesticide sans avoir le label et proposent leurs produits en AMAP, au marché, en néo-épicerie. Posez leur directement des questions sur leur méthode de travail. Vous pouvez aussi acheter les produits de la marque Biodemain qui accompagne les producteurs dans le financement de leur transition bio.


Bien cuisiner ça prend du temps


FAUX. Pas besoin de passer des heures aux fourneaux pour bien manger. Une omelette aux légumes et aux herbes, une salade fraîche de légumineuses & légumes de saison, des tartines de pain complet au levain avec du pesto maison vous prendront 10 - 15mn. Un temps investi dans votre santé, votre plaisir, votre budget et dans la maîtrise de votre consommation. A chacun de choisir ce que nous désirons le plus : sous-traiter et entretenir un système potentiellement destructeur ou maîtriser et optimiser notre impact. Nos recettes arrivent bientôt sur le site pour vous aider sur ce point.


S'il y a un label, c'est bon

FAUX. Si l’intention des labels est tout à leur honneur, leur profusion, leur manque d’encadrement et de lisibilité ne permettent pas toujours de garantir un produit de qualité. A titre d’exemple, le label MSC pour la pêche durable : présenté comme le parangon d’une pêche respectueuse des écosystèmes océaniques, le label est en réalité détenu par Unilever (KFC, Pizza Hut …) et largement critiqué par la communauté scientifique pour son laxisme et son manque d’envergure environnementale. La marque de poulet Le Gaulois propose plusieurs labels (Bleu Blanc Rouge, Label Rouge), alors même que ses propres producteurs dénoncent la mauvaise qualité du produit. La meilleure solution reste la proximité au producteur (via les achats en direct, les néo-épiceries, Biocoop …) afin de connaître les conditions exacte de production. Nous publierons d'ici peu un article à ce sujet pour vous aider à y voir plus clair.

Si la DLC est passée, ce n'est plus bon


FAUX. Dans notre société ultra-sanitarisée, le réflexe est de jeter le jour même de la DLC, voire avant, alors même que ces produits peuvent être consommés au delà. Le gaspillage alimentaire annuel en France représente 10 millions de tonnes. La FAO estime que le seul gaspillage européen peut nourrir 1 milliard de personnes, soit l'intégralité des victimes de malnutrition dans le monde. Le gâchis alimentaire dégagerait 6% des émissions totales des émissions totales de GES. Vous trouverez à ce lien un point sur la véritable date de péremption des différents produits. En cas de doute, mettez vos sens en pratique : si le produit ne présente pas de moisissures (vue), le goût n’est pas infect et / ou avec une sensation de fermentation dans la bouche (goût), l’odeur nauséabonde (odorat), le produit visqueux ou l'emballage bombé du fait du dégagement de gaz (toucher), alors il est encore bon.


La méthode industrielle permet de mieux nourrir

FAUX. L'un des grands arguments des industriels de l'agro-alimentaire est que le modèle nourrit mieux : en quantité, en qualité et en sûreté. 1) Sur la quantité, l'essor du modèle industriel a en effet permis l'explosion temporaire des rendements et de nourrir une population grandissante. La communauté scientifique observe cependant une diminution de plus en plus importante des rendements, encore confirmée en 2020, du fait de la fragilisation des sols, causée par la monoculture intensive et l'utilisation abusive de produits chimiques. Il est estimé qu'en l'état actuel, le modèle agricole industrielle ne pourrait nourrir que 3,4 milliard d'êtres humains en respectant les limites naturelles, alors qu'il pourrait en nourrir plus de 10 milliards s'il changeait pour une gestion durable. 2) Sur la qualité, les chiffres de la malnutrition attestent de l'échec absolu du modèle : apparition des calories vides, médiocrité des produits industriels ultra-transformés, explosion des maladies de malnutrition. 3) Sur la sûreté, le constat est plus nuancé : le modèle a évidemment amélioré les conditions de production mais les scandales à répétition et l'existence de sérieuses défaillances (Kinder, Buitoni, Lactalis, viande de cheval ...) attestent de la duplicité de nombreuses marques et donc d'un certain échec.


Cette liste est non exhaustive. N'hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos propres blocages, des idées reçues que vous brandissez par réflexe dès qu'il est question d'améliorer votre alimentation où celles auxquelles vous êtes confronté.e.s quand vous souhaitez aider quelqu'un.








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