top of page

Composer avec le supermarché

Dernière mise à jour : 25 avr. 2023

Nous n'avons pas tous la possibilité de nous fournir ailleurs, mais il reste possible d'agir.


Consommer sans critères, c'est comme naviguer sans boussole : avec un peu de chance, on arrivera à bon port mais le naufrage est plus probable. Si l'alimentation est l'une des premières causes du dérèglement climatique, c'est principalement à cause de ses produits issus de la production industrielle et de l'élevage intensif. Des produits que l'on retrouve principalement dans nos super/hypermarchés (les Franprix, Auchan, Monoprix, Carrefour, Leclerc ...). Or, 92% de la population française y fait aujourd'hui ses courses. Le réflexe naturel serait de les faire ailleurs, mais cette option n'est pas toujours disponible.


Nous pouvons malgré cela réduire considérablement notre impact tout en poussant l'industrie à faire évoluer son offre en réorientant l'argent de nos achats sur des produits ciblés, porteurs d'un message. Nous présenterons dans notre prochain article les alternatives existantes mais d'ici là, découvrez les critères de choix à prendre en compte lors de vos prochaines courses au supermarché, par ordre décroissant d'ampleur d'impact.



« Au cours d'une vie, on marcherait 3800km derrière un caddy (d'où le nom, sans doute, de supermarché). Ca en fait du chemin dans l'autre sens si on a oublié le beurre" Hervé Le Tellier

Pollution : est-ce que cet aliment émet beaucoup de gaz à effet de serre, pollue les eaux ... ?


Si oui, je peux réduire mon impact en choisissant un ingrédient moins polluant : découvrez l'impact des différentes familles d'aliments ici.


Industriel : est ce que ce produit est ultra-transformé ?


Il existe aujourd'hui une classification internationale, NOVA, classant les aliments en 4 catégories, du peu/non transformé à l'ultra-transformé. Ces derniers sont des produits alimentaires et des boissons dont la fabrication comporte plusieurs étapes et techniques de transformations faisant appel à des ingrédients et/ou dosages spécifiques au circuit industriel : sucre, sel, acides gras, huiles hydrogénées, des isolats de protéines, ACE, additifs (arômes artificiels, émulsifiants, colorants, édulcorants, épaississants, gélifiants, conservateurs ...).


Si oui, au delà de l'ingestion de produits néfastes pour notre santé, leur consommation signifie l'activation de nombreux circuits et donc d'un fort impact négatif : usines pour l'extraction / la production de chaque ingrédient, acheminement, assemblage du produit final, emballage, promotion marketing ...


Sans pesticides : ce produit a t'il été traité à l'aide de produits chimiques ?


S'il n'est pas bio, oui. Ce qui implique la mise en branle de l'industrie nécessaire à la production, au transport et à l'épanchage dudit pesticide, donc de l'énergie et des émissions GES supplémentaires. Ces produits chimiques sont également responsables de la pollution des sols et des eaux, de la disparition de nombreux insectes, animaux et plantes. Leurs effets néfastes sur la santé sont de plus en plus décriés. Plus d'informations ici.


Saisonnalité : ce produit est-il en saison au moment où je veux l'acheter ?


Si non, trois options. 1) ce produit vient de loin et son transport a un coût. 2) il est produit de façon artificielle à grand renfort d'énergie (eau qui se raréfie, lumière et chaleur artificielle ...) dépensée pour recréer ses conditions naturelles de pousse. 3) les deux à la fois. Exemple : nos fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles) et tomates d'Espagne tout au long de l'année. Découvrez les fruits & légumes de saison ici.


Sans emballages : est-ce que ce produit a vraiment besoin d'être emballé ?


Qui dit emballage dit activation de toute une filière de production de contenants, notamment plastiques, énergivore et polluante. Une fois les emballages produits, saviez-vous qu'a peine 1/3 de nos déchets plastiques sont en réalité recyclés : 2 chances sur 3 donc de nager dans vos emballages de bananes, sachets de carottes ou cartons de pommes cet été à la plage. Plus d'informations ici.


Circuit-court : est-ce que produit a le minimum d'intermédiaire entre moi et son / sa producteur/ice ?


Y a t'il eu besoin d'y ajouter des ingrédients, de le faire venir de loin, de créer et rajouter un emballage ... ?


Si oui, chaque étape entraîne de nouvelles dépenses énergétiques et a un coût qui se répercute soit sur un prix final en caisse plus élevé, soit sur des producteurs écrasés par le système que nous souhaitons modifier (qui conduit aujourd'hui au moins un.e paysan.ne par jour à se suicider : plus d'informations sur leur rôle dans notre précédent article). Moins il y aura d'intermédiaire, plus le coût sera juste et moins l'impact environnemental sera élevé.


Localité : est ce que ce produit vient de loin où est-il produit à proximité ?


Consommer un aliment n'ayant pas traversé de grandes distance reste un moyen efficace de réduire son impact. Attention cependant à ne pas faire de la localité la championne du développement durable, contrairement au discours ambiant : un produit à fort impact négatif peut être produit près de chez vous. Le boeuf industriel, même local, reste le produit le plus polluant. Nous ayons vu que la localité n'est pas le facteur principal d'émissions de GES alimentaires.


Concrètement, je fais quoi ?


Le croisement de ces critères de choix nous invite naturellement à renoncer à une grande partie des aliments vendus au Franprix du coin : viandes poissons fromages & laitages industriels, plats tous préparés, gâteaux, sucreries, viennoiseries, préparations culinaires telles que le guacamole ou le tarama, jus de fruits exotiques, boissons gazeuses ... De nombreux aliments restent cependant à disposition : féculents, légumineuses, fruits et légumes de saison français, aliments transformés de catégorie NOVA 1 2 ou 3 (conserves de légumes, certaines chips ...) . Cette apparente réduction cache en fait une très belle réalité : la reconquête de l'impact et du budget de votre panier de courses.


Il n'est pas nécessaire de bâtir seul.e une cathédrale pour agir efficacement. Si dès aujourd'hui, nous réalisons mieux nos achats, nous signalons à l'industrie agro-alimentaire le monde dans lequel nous souhaitons vivre, tout en ayant un impact positif : pour conserver ses profits, elle n'aura d'autre choix que de s'adapter. Nos choix éclairés ont le pouvoir de lancer une dynamique de transformation en profondeur.






161 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout

1 Comment


Clair et didactique

Like
bottom of page